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Anne-Sophie Pic à la Fondation Cartier : ce que change l'arrivée d'une trois-étoiles

Anne-Sophie Pic à la Fondation Cartier : ce que change l'arrivée d'une trois-étoiles

5 mai 2026 6 min de lecture
L’arrivée d’Anne-Sophie Pic au Palais-Royal, au sein du futur site de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, annonce une nouvelle table gastronomique parisienne mêlant haute cuisine, architecture de Jean Nouvel et bar à cocktails signé Paz Levinson.
Anne-Sophie Pic à la Fondation Cartier : ce que change l'arrivée d'une trois-étoiles

Anne-Sophie Pic arrive au Palais-Royal : un signal fort pour la scène parisienne

À l’occasion du futur déménagement de la Fondation Cartier pour l’art contemporain vers le quartier du Palais-Royal, côté rue de Rivoli, l’arrivée annoncée d’Anne-Sophie Pic à Paris rebat les cartes de la haute gastronomie en Île-de-France. Longtemps, la cheffe drômoise a expliqué dans la presse qu’elle tenait à rester ancrée à Valence, dans la maison familiale, refusant une adresse parisienne tant que son univers n’était pas parfaitement maîtrisé ailleurs. L’ouverture d’un restaurant signé Anne-Sophie Pic au sein du nouveau site de la Fondation Cartier, à deux pas des jardins du Palais-Royal, marque donc un tournant assumé pour la cheffe et pour les voyageurs franciliens qui traquent les restaurants d’auteur plutôt que les terrasses à selfies.

Le projet est désormais public : la seule femme triplement étoilée en France doit y installer une table gastronomique en partenariat étroit avec la Fondation Cartier et ses interlocuteurs culturels, comme l’indiquent les premières communications de l’institution et du groupe Pic. Dans le jeu d’équilibre entre Valence et la capitale, le groupe Pic orchestre ici une implantation pensée comme un dialogue entre art, architecture et cuisine, loin d’un simple « Pic à Paris » de plus sur la carte. La présence de David Sinapian, président du groupe et mari de la cheffe, régulièrement cité dans les communiqués officiels, garantit une cohérence stratégique entre les différentes maisons et les futures ouvertures, de Valence à Lausanne en passant par Londres.

Pour les voyageurs en Île-de-France, cette adresse au Palais-Royal s’inscrit dans un écosystème déjà dense : Kei Kobayashi rue Coq-Héron, Le Grand Véfour sous les arcades, la table de Matthias Marc et les adresses plus discrètes autour de la place. L’arrivée de Dame Pic dans ce quartier, après avoir longtemps tenu Valence comme bastion principal, confirme que le centre de gravité du très haut de gamme se déplace vers ce quadrilatère feutré entre Louvre et Bourse. Le futur restaurant de la cheffe au sein du nouveau bâtiment de la Fondation Cartier, dont l’ouverture est évoquée pour l’automne dans les annonces préliminaires, devrait ainsi devenir une halte naturelle pour qui traverse Paris en quête de culture, de patrimoine et de cuisine d’auteur, pas la cour de marbre, mais l’escalier dérobé.

Fondation Cartier, Jean Nouvel et art contemporain : un restaurant comme prolongement du musée

La Fondation Cartier pour l’art contemporain, actuellement installée boulevard Raspail et appelée à rejoindre le secteur du Palais-Royal, offrira à Anne-Sophie Pic un écrin architectural signé Jean Nouvel, loin des salles à manger compassées. L’architecte, déjà à l’œuvre au musée du quai Branly et à la Philharmonie de Paris, conçoit ici un univers de verre, de lumière et de perspectives qui devrait dialoguer avec la cuisine de la cheffe et avec les œuvres d’art contemporain exposées. Selon les premières annonces de la fondation et du groupe Pic, le futur restaurant promet une expérience où l’on traverse les espaces d’exposition comme un préambule, avant de s’asseoir à table pour une autre forme de récit.

Le projet assume la fusion entre art et cuisine : la Fondation Cartier devient partenaire à part entière, et non simple bailleur, dans cette ouverture qui doit incarner une nouvelle adresse parisienne à la fois culturelle et gastronomique. La philosophie d’« Impregnation », chère à Anne-Sophie Pic, consiste à infuser en profondeur les saveurs, comme un commissaire d’exposition infuse un parcours d’œuvres dans l’esprit du visiteur. Dans ce cadre, chaque plat signé par la cheffe ou par une équipe issue du groupe Pic pourrait faire écho à une installation, un tableau ou une sculpture, prolongeant l’expérience d’un accrochage d’art contemporain plutôt que celle d’un repas classique.

Pour un week-end culturel en Île-de-France, l’itinéraire s’écrit facilement : exposition à la Fondation Cartier, table de Dame Pic, puis promenade vers le musée d’Art moderne ou le MAM pour une visite comme l’exposition consacrée à Lee Miller. Dans ce triangle d’or discret, le futur restaurant du Palais-Royal s’ajoute aux tables déjà installées, offrant aux voyageurs une alternative plus intime que les grands boulevards voisins. On vient alors à Paris non pour cocher des monuments, mais pour tisser des liens entre fondation d’art, galeries, tables d’auteur et ruelles calmes, une politique officieuse du temps long plutôt qu’une course aux cases cochées.

Bar de Paz Levinson, réservations et coulisses : comment préparer sa visite

Au cœur du projet, le bar à cocktails conçu avec la sommelière Paz Levinson joue un rôle central dans l’expérience. Ce comptoir, pensé comme un sas entre la rue de Rivoli et la salle, redéfinit l’avant-table pour les voyageurs franciliens qui aiment commencer la soirée par un verre construit avec la même précision qu’un plat. L’intégration de la mixologie dans l’univers Pic, déjà expérimentée dans d’autres restaurants du groupe, devrait ici atteindre une nouvelle maturité, avec des accords pensés pour dialoguer avec les œuvres de la Fondation Cartier et avec la cuisine de la cheffe.

Pour les réservations, il faudra anticiper : l’ouverture annoncée à l’automne laisse présager une forte demande dès les premières semaines, surtout pour les soirs de vernissage à la fondation. Les modalités exactes de réservation, la capacité d’accueil, la fourchette de prix et la politique de confidentialité liée à l’utilisation des données personnelles n’ont pas encore été détaillées, mais l’on peut s’attendre à un système en ligne proche de celui des autres maisons du groupe Pic, avec prépaiement partiel et confirmation par e-mail. Dans l’attente, les voyageurs peuvent déjà cartographier un week-end mêlant cette future table, un itinéraire patrimonial comme les adresses de Madame de Sévigné dans le Marais et une escapade terroir vers les vignerons et brasseurs franciliens via la carte des producteurs de la vallée de Chevreuse.

Dans ce paysage, les autres adresses du groupe, de Valence à Lausanne, servent de repères pour comprendre ce que pourrait être ce nouveau rendez-vous du Palais-Royal, sans oublier des lieux plus décontractés comme le Bistrot André, clin d’œil à André Pic, figure fondatrice de la maison. Pour mémoire, les questions « Who is Anne-Sophie Pic? », « What is the philosophy of Impregnation? » et « Where is the new restaurant located? » structurent déjà la communication officielle autour de cette ouverture, rappelant que la cheffe, forte de plusieurs étoiles Michelin, avance ici sur un terrain où la politique de confidentialité, la gestion des partenaires et l’équilibre entre Valence et Paris seront scrutés de près. Entre monde de l’art, restaurants d’exception et terroirs franciliens, cette adresse au sein du futur site de la Fondation Cartier ne sera pas seulement un lieu de plus, mais un test grandeur nature de la capacité de Paris à accueillir une maison Pic sans la dénaturer.