Hotel The Peninsula Paris
Si nous avons sélectionné cet hôtel, c'est pour ce que l'avenue Kléber garde derrière sa...
La rue Kepler est une voie courte et étroite, coincée entre l'avenue Marceau et l'avenue d'Iéna, à quelques dizaines de mètres du haut des Champs-Élysées. Elle appartient à ce Paris de la plaine Monceau tardive où les immeubles bourgeois abritent surtout des bureaux et des appartements, et où personne ne passe sans y aller. C'est là que Pierre-Yves Rochon, décorateur d'un certain nombre de grandes maisons européennes, a installé un hôtel qui ne ressemble pas à ses voisins. Sa grammaire est nette : noir et blanc dans les circulations comme dans les chambres, mobilier dessiné sur mesure, et des touches de jaune et de cranberry pour casser la rigueur.
Séjourner près des Champs-Élysées suppose généralement d'accepter le bruit, les groupes et les halls surdimensionnés. Ici, on obtient la position sans les inconvénients, parce que la rue est à l'écart et que la maison reste de taille moyenne. Le deuxième argument tient à l'équipement. Un espace bien-être avec bassin, sauna et hammam, dans un hôtel de cette catégorie et à cet endroit, n'a rien d'évident : les quatre étoiles du secteur en sont le plus souvent dépourvus. Le troisième est la verrière du salon, qui apporte au rez-de-chaussée une lumière que la rue ne donne pas.
L'Arc de Triomphe est à cinq minutes à pied, le haut des Champs-Élysées à trois, l'avenue George V et le Triangle d'Or à sept. Le palais de Tokyo, le musée d'Art moderne et le musée Guimet occupent l'axe qui descend vers la Seine, à dix minutes. Le Trocadéro et sa vue sur la tour Eiffel demandent un quart d'heure. Côté transports, la station Charles de Gaulle Étoile réunit trois lignes de métro et le RER, ce qui met La Défense à dix minutes et l'aéroport à portée directe. Le soir, la rue Kepler est déserte.
Prix : €€€, quatre étoiles
Vibe : noir et blanc, graphique, feutrée
Chambres : neuf catégories, des Classic aux Junior Suites et suites, jusqu'à une Penthouse ; plusieurs suites avec espace extérieur privé
Pour qui : les voyages d'affaires, les séjours de shopping, les couples qui veulent la vue sans le tumulte
Ce que nous préférons ici : la terrasse panoramique de la suite Deluxe, ouverte sur les toits et la tour Eiffel
À table : petit-déjeuner et lobby bar bibliothèque sous verrière, pour le thé comme pour le verre du soir ; pas de restaurant, mais le quartier en est plein
Équipements : bassin, sauna, hammam et salle de sport ouverts de sept heures à vingt-trois heures, animaux acceptés
À voir autour : Champs-Élysées (trois minutes à pied), Arc de Triomphe (cinq), palais de Tokyo (dix), musée Guimet (dix), Trocadéro (quinze)
La gradation est plus fine que dans la plupart des hôtels de cette taille : classiques, standard, supérieures et executive pour les chambres, puis junior suites, suites traditionnelles, supérieures, deluxe et penthouse. Cela permet de caler précisément un budget et un besoin, ce qui est appréciable quand on voyage à plusieurs ou pour plusieurs nuits. Le vocabulaire décoratif ne change pas d'une catégorie à l'autre ; ce sont les volumes, les étages et les ouvertures qui font la différence. Les suites hautes disposent d'un espace extérieur, et l'une d'elles d'une terrasse panoramique qui justifie à elle seule le détour.
C'est la pièce qui donne son caractère à la maison. Une verrière couvre le salon du rez-de-chaussée, les murs portent des rayonnages, et l'espace fonctionne à toute heure : petit-déjeuner le matin, thé l'après-midi, verre en fin de journée. Dans un hôtel sans restaurant, ce type de lieu est décisif, parce qu'il évite de devoir sortir pour le moindre café et qu'il donne un point de ralliement aux résidents.
L'espace bien-être occupe le sous-sol et réunit une petite piscine, un sauna, un hammam et une salle de sport. La dimension reste modeste, il faut le dire, mais l'amplitude horaire compense largement : ouvert dès sept heures et jusqu'à vingt-trois heures tous les jours, il s'adapte aussi bien au voyageur d'affaires levé tôt qu'au retour d'une longue journée de marche.