Hôtel Keppler
Notre préférence est allée à cette maison pour l'écart qu'elle garde avec le vacarme des...
Avenue Kléber, à deux cents mètres de l'Arc de Triomphe, le bâtiment sort d'une école : celle du Beaux-Arts de la Belle Époque, élevé en 1908 sous le nom d'Hôtel Majestic. Il a vu passer plus d'histoire que la plupart des palaces parisiens. C'est là qu'Henry Kissinger a négocié le traité de paix du Vietnam, dans une salle lambrissée de chêne ouvragé ; là que George Gershwin a composé son Américain à Paris ; là encore qu'un dîner resté célèbre a réuni Stravinsky, Picasso, Proust et Joyce à la même table. La restauration a mobilisé plus de vingt tailleurs de pierre pour rendre à la façade ses noeuds, ses rubans et ses cascades de fleurs.
Un palace se juge à ce qu'il réussit à ne pas sacrifier. Celui-ci a gardé son enveloppe patrimoniale intacte tout en installant, derrière, des équipements que peu de maisons parisiennes peuvent aligner : le plus grand spa hôtelier de la ville, un bassin de vingt mètres, et un toit transformé en salle à manger avec l'un des plus beaux points de vue de Paris sur la tour Eiffel. La restauration s'est étalée sur quatre années, et cela se voit à des détails que personne n'aurait remarqués si on les avait négligés, du lustre de huit cents éclats de cristal aux boiseries des salons.
L'avenue Kléber relie l'Étoile au Trocadéro en ligne droite, et l'hôtel occupe le milieu du parcours. L'Arc de Triomphe est à cinq minutes à pied, les Champs-Élysées à sept, le palais de Chaillot et sa terrasse sur la tour Eiffel à dix, le musée Guimet à cinq. C'est le Paris des ambassades et des grands musées, calme le soir, à l'écart de la fièvre touristique du centre. Deux stations de métro encadrent la maison, l'avenue de la Grande-Armée mène à La Défense, et la porte Maillot ouvre sur l'ouest francilien.
Prix : €€€€, Palace
Vibe : Beaux-Arts, cérémonieux, panoramique
Chambres : deux cents chambres et suites, plusieurs avec terrasse privée sur les toits, cinq dotées de jardins suspendus
Pour qui : les séjours d'exception, les voyages d'affaires de haut niveau, les familles habituées des palaces
Ce que nous préférons ici : les jardins suspendus des suites du dernier étage, une rareté absolue à Paris
À table : L'Oiseau Blanc sur le toit, cuisine gastronomique française du chef David Bizet, distinguée au Michelin ; LiLi pour le cantonais ; Le Lobby sous les hauts plafonds ; L'Heure du Thé en terrasse
Équipements : spa de mille huit cents mètres carrés, bassin intérieur de vingt mètres, hammams, saunas, douches sensorielles, fontaines de glace, salle de sport, parking privé, animaux acceptés
À voir autour : Arc de Triomphe (cinq minutes à pied), musée Guimet (cinq), Trocadéro et tour Eiffel (dix), Champs-Élysées (sept)
Les chambres se répartissent sur sept niveaux, avec une gradation qui va de la chambre classique aux suites de dernier étage. Le chêne ouvragé revient partout, hérité des salons d'origine, et les salles de bains font la part belle au marbre. Ce sont les étages hauts qui distinguent la maison : plusieurs suites ouvrent sur des terrasses privées posées face aux toits, et cinq d'entre elles disposent d'un véritable jardin suspendu. À Paris, où le moindre mètre carré extérieur est disputé, c'est une singularité qui ne se retrouve nulle part ailleurs à cette échelle.
Mille huit cents mètres carrés au sous-sol, organisés autour d'un bassin de vingt mètres bordé de colonnes. S'y ajoutent hammams, saunas, douches sensorielles, fontaines de glace et cabines de soins d'inspiration asiatique, marque de fabrique du groupe. La salle de sport complète l'ensemble. C'est l'argument qui transforme un séjour d'hiver, et celui qui explique que des clients y passent leurs matinées plutôt que de sortir.
L'Oiseau Blanc porte le nom de l'avion de Nungesser et Coli, et il occupe le toit : cuisine française contemporaine, produits de marché, chef David Bizet aux commandes, et la tour Eiffel dans l'encadrement des baies. En terrasse, L'Heure du Thé prolonge le point de vue à la belle saison. En bas, LiLi sert une cuisine cantonaise raffinée sous un décor d'opéra chinois, et Le Lobby tient le rôle de salon de thé et de table du quotidien, sous les moulures d'origine.