Hôtel Monsieur Aristide
Nous avons été sensibles à l'idée qui tient cette maison debout : rendre Montmartre à...
Rue Marcadet, on est déjà de l’autre côté de la butte Montmartre, là où le quartier redevient un quartier : commerces de bouche, façades hautes, écoliers à midi. C’est là que le Barnett a posé ses six étages, et il ne cherche pas à se fondre. Le parti pris décoratif est net, noir profond et or, marbre et terrazzo, des matières qui tiennent la lumière d’un hall parisien en hiver. Rien de tapageur pourtant : l’ensemble tient davantage du club feutré que de la démonstration, et il compose avec le bâti ancien du 18e plutôt que contre lui. On entre, on comprend le niveau, personne n’a besoin de nous l’expliquer.
Nous avons retenu cette maison pour trois raisons. Le parti pris d’abord, tenu d’un bout à l’autre : rares sont les quatre-étoiles parisiens qui assument une direction esthétique aussi franche sans la diluer une fois la porte de la chambre passée. Les services ensuite, dimensionnés pour un séjour qui dure : sauna, salle de sport sérieusement équipée, espace de travail privatif pour une dizaine de personnes, conciergerie à toute heure. Le quartier enfin, qui donne accès à Montmartre par le nord, sans la file du funiculaire. C’est la combinaison qui emporte la décision, plus que chacun de ces points pris isolément.
Le 18e nord n’est pas le Montmartre des cartes postales, et c’est précisément ce qui le rend agréable à habiter quelques jours. La rue Marcadet file d’ouest en est sous la butte ; à quelques minutes, la rue du Poteau et la place Jules Joffrin donnent le ton d’un quartier qui vit pour lui-même, avec ses commerces et son marché. On monte au Sacré-Cœur par les escaliers du côté Lamarck en un quart d’heure, on redescend vers Pigalle sans détour. La ligne 12 dessert le secteur par Lamarck-Caulaincourt et Jules Joffrin, et la gare du Nord reste à portée pour Londres ou Bruxelles.
Prix : €€€, haut de gamme
Vibe : graphique, noir et or, urbain, feutré
Chambres : six étages, des catégories Cosy aux Prestige avec balcon, certaines sur les toits de zinc
Pour qui : les séjours urbains à deux, les voyageurs d’affaires qui restent plusieurs nuits, ceux qui veulent Montmartre côté habitants
Ce que nous préférons ici : le patio potager du bar, qui alimente une partie de la carte
À table : Barnett Bar, produits des régions françaises, planches à partager et cocktails ; petit-déjeuner buffet avec options végétariennes, véganes, sans gluten et sans lactose
Équipements : sauna, salle de sport, espace de travail privatif jusqu’à dix personnes, conciergerie à toute heure, massages et séances de yoga, animaux acceptés
À voir autour : Sacré-Cœur et la butte (un quart d’heure à pied), rue du Poteau et place Jules Joffrin, halle Saint-Pierre, Pigalle
Les chambres se déclinent des plus compactes, pensées pour une nuit ou deux, jusqu’aux Prestige avec balcon, qui ouvrent sur les toits. La distribution sur six niveaux fait que l’exposition change beaucoup d’un étage à l’autre : les niveaux hauts gagnent la lumière et la vue, les bas gagnent le calme. Le vocabulaire décoratif reste le même partout, noir, or, marbre et terrazzo, ce qui évite l’effet catalogue où chaque catégorie semble venir d’un autre hôtel. Pour un séjour long, ce sont les catégories hautes qu’il faut viser.
Le Barnett Bar occupe le rez-de-chaussée et s’ouvre sur un patio planté qui fournit une partie de la carte. On y sert des produits de régions françaises, des planches à partager et des cocktails, dans un format qui convient aussi bien au verre d’avant-dîner qu’au repas léger. À l’écart, l’espace bien-être réunit un sauna, une salle de sport équipée et des soins que l’on compose sur place, massages, masques de luminothérapie, séances de yoga et de respiration en petit groupe.
L’arrivée se fait à partir de quinze heures, le départ jusqu’à midi, et l’âge minimum pour enregistrer une chambre est de dix-huit ans. Les animaux sont acceptés. Le petit-déjeuner est un buffet continental, avec des options végétariennes, véganes, sans gluten et sans lactose. La maison n’est pas aménagée pour les personnes à mobilité réduite. Enfin, on y parle français, anglais, allemand, espagnol et vietnamien, ce qui n’est pas si courant dans un hôtel de cette taille.