Hôtel des Arts Montmartre
Nous avons choisi cette adresse parce qu’elle est tenue par la même famille depuis 1960,...
La rue Aristide Bruant grimpe entre les Abbesses et le boulevard, à l'écart des files d'attente du Sacré-Coeur. Elle porte le nom du chansonnier au chapeau noir et à l'écharpe rouge que Toulouse-Lautrec a fixé sur ses affiches, et l'hôtel a pris ce nom comme programme. Le bâtiment du XIXe siècle héberge un hôtel depuis plus de cent ans ; Nicolas Saltiel l'a repéré au fil d'une promenade, et la décoratrice Marion Collard en a fait une maison de collectionneur. Presque rien n'a été acheté neuf : les canapés de velours fleuri, les tapis léopard et les tables des années soixante-dix viennent des puces de Saint-Ouen et de Vanves, ou du Midi.
Montmartre est difficile à habiter : la Butte se traverse plus qu'elle ne se vit, et les hôtels y sont souvent de simples bases. Celui-ci fait l'inverse. Il a été pensé comme une maison d'hôtes où les riverains passent aussi, avec un bistrot ouvert sur la rue et un bar musical qui prolonge la soirée. Le décor chiné produit un effet rare : chaque pièce a l'air d'avoir été assemblée par quelqu'un, pas commandée sur catalogue. Et le jardin intérieur, invisible depuis la rue, donne à l'ensemble une respiration que l'on n'attend pas dans ce quartier serré.
On est au coeur du Montmartre des habitants, celui des Abbesses. Le métro Abbesses et son ascenseur sont à trois minutes, la place des Abbesses et le mur des Je t'aime à cinq, le Sacré-Coeur et la place du Tertre à dix par les escaliers. Pigalle et ses salles de concert sont en bas, le musée de Montmartre et les vignes du Clos Montmartre de l'autre côté de la Butte. Le marché Saint-Pierre et les tissus de la rue d'Orsel occupent le flanc sud. Gare du Nord est à un quart d'heure, ce qui compte pour une arrivée en Eurostar.
Prix : €€€, boutique quatre étoiles
Vibe : bohème, chinée, musicale, Belle Époque revisitée
Chambres : des classiques aux junior suites, suites en duplex, appartement ouvert sur le jardin et chambres familiales, certaines avec vue sur les toits
Pour qui : les couples, les voyageurs qui sortent le soir, les familles qui cherchent un duplex
Ce que nous préférons ici : le terrazzo du salon et du restaurant, coulé à partir des gravats de la démolition
À table : le Café Aristide, cuisine de bistrot de saison, et un bar à cocktails à programmation musicale
Équipements : jardin intérieur, terrasse dissimulée, animaux acceptés, panneaux photovoltaïques et récupération des eaux de pluie
À voir autour : place des Abbesses (cinq minutes à pied), Sacré-Coeur (dix), musée de Montmartre (douze), Pigalle (dix), marché Saint-Pierre (huit)
Les catégories montent doucement, des classiques aux supérieures et aux executive, puis aux junior suites et aux duplex. L'appartement ouvre de plain-pied sur le jardin, ce qui en fait la pièce la plus recherchée de la maison. Les familiales existent, en vraies chambres et non en lits d'appoint. Chaque catégorie a son nuancier, accordé à l'architecture du XIXe siècle plutôt qu'appliqué dessus. Aux derniers étages, les fenêtres décrochent sur les toits de zinc et, pour quelques-unes, sur la silhouette du Sacré-Coeur.
Le bistrot occupe le rez-de-chaussée et fonctionne comme une adresse de quartier : carte courte, produits de saison, service continu une bonne partie de la journée. Le bar prend le relais en fin d'après-midi, avec des cocktails maison et une programmation musicale qui rappelle d'où vient le nom de la maison. La terrasse, elle, ne se voit pas depuis la rue. C'est le genre de détail qui transforme un séjour d'été.
La rénovation a été menée avec une vraie discipline de réemploi. Les gravats de la démolition ont été concassés puis coulés en terrazzo, qui couvre aujourd'hui le sol du salon et du restaurant. Des panneaux photovoltaïques ont été posés sur le toit, un système récupère les eaux de pluie, et le mobilier de seconde main constitue l'essentiel de l'ameublement. Ce n'est pas un argument décoratif : c'est la méthode qui a produit le décor.