Fauchon l'Hôtel Paris
Nous recommandons cette adresse à ceux pour qui un séjour parisien commence par la table...
La rue François 1er coupe le Triangle d'Or en diagonale, entre l'avenue Montaigne et les Champs-Élysées. Au numéro cinquante-deux, l'immeuble a été conçu pour recevoir dès le début des années vingt, et il en a gardé la grammaire : hauteurs sous plafond généreuses, moulures fines, cheminées d'origine dans plusieurs pièces. La maison a traversé un siècle sans changer d'adresse ni de vocation, ce qui reste rare dans ce quartier où les enseignes tournent vite. La rénovation a choisi de conserver l'ossature bourgeoise et de la réchauffer, plutôt que de lui superposer un langage contemporain. Le résultat tient de l'appartement familial de grand standing, à cinquante clés.
Le huitième arrondissement ne manque pas de cinq étoiles, mais il manque de maisons discrètes. Celle-ci en est une : pas de hall monumental, pas de façade démonstrative, et une clientèle qui revient plutôt qu'elle ne passe. Le deuxième argument tient au travail de couleur. Chaque étage a sa teinte, rose poudré, vert céladon ou bleu, ce qui donne à la maison une géographie interne et permet de choisir son ambiance à la réservation. Le troisième est le spa, entièrement traité en marbre et réservé aux résidents, à un endroit de Paris où les espaces de ce type sont presque toujours surchargés.
On est au centre exact du quadrilatère le plus dense de Paris en boutiques et en galeries. L'avenue Montaigne est à cinq minutes à pied, les Champs-Élysées à quatre, le Grand Palais et le pont Alexandre III à dix, la place de la Concorde à un quart d'heure. Le théâtre des Champs-Élysées et le musée Yves Saint Laurent sont dans le voisinage immédiat, le musée Jacquemart-André un peu plus au nord. Le métro Franklin Roosevelt met deux lignes à disposition et l'Étoile ouvre le RER vers La Défense. Le soir, la rue redevient résidentielle.
Prix : €€€€, cinq étoiles
Vibe : feutrée, colorée, bourgeoise, confidentielle
Chambres : cinquante chambres et suites, une palette par étage, moulures et cheminées conservées
Pour qui : les séjours de shopping, les voyages d'affaires, les couples qui fuient les grands halls
Ce que nous préférons ici : le Thala Spa, entièrement de marbre et réservé aux résidents
À table : le Café 52, cuisine de saison du chef Maxime Raab, et son bar à cocktails avec assiettes à partager
Équipements : spa, hammam, jacuzzi, soins Holidermie, salle de sport, animaux acceptés
À voir autour : avenue Montaigne (cinq minutes à pied), Champs-Élysées (quatre), théâtre des Champs-Élysées (six), Grand Palais (dix), Concorde (quinze)
Le principe décoratif est lisible dès l'ascenseur : chaque niveau porte sa teinte dominante, et les chambres d'un même étage se répondent sans se répéter. Le mobilier joue la peinture laquée, le laiton vieilli, le marbre, le chêne et le noyer ; les tissus ajoutent le velours et la soie. Les volumes anciens font le reste, avec des hauteurs sous plafond qui permettent de vraies fenêtres. Les suites gagnent des salons séparés et, pour certaines, une cheminée d'origine. C'est une décoration chaleureuse plutôt que spectaculaire, et elle vieillira bien.
L'espace bien-être est traité d'un seul matériau, du sol au plafond, ce qui lui donne une unité et une acoustique particulières. On y trouve un hammam, un jacuzzi et des cabines où sont dispensés des soins personnalisés de la maison Holidermie, complétés par une salle de sport. L'accès est réservé aux clients de l'hôtel, ce qui change tout : à cette adresse, un spa ouvert au public serait pris d'assaut.
La table de la maison porte le numéro de la rue et joue une partition de saison, équilibrée et peu démonstrative, sous la direction du chef Maxime Raab. La salle reste intime, ce qui en fait une adresse de dîner autant qu'un restaurant d'hôtel. Le bar attenant prend le relais à l'heure de l'apéritif, avec des cocktails et une carte d'assiettes légères. Dans un quartier où l'on déjeune beaucoup pour affaires, c'est un atout pratique autant que gourmand.
Nous recommandons cette adresse à ceux pour qui un séjour parisien commence par la table...
Ce qui nous a convaincus ici, c’est la façon dont une adresse de 1928 tient...
Notre préférence est allée à cette maison pour son jardin. Mille deux cents mètres carrés...