Grand Powers Hotel
Nous avons distingué cette maison pour sa façon de rester confidentielle en plein Triangle d'Or....
L'avenue Gabriel longe les jardins des Champs-Élysées, à l'arrière des grandes ambassades, et compte davantage de grilles que de portes cochères. Au numéro 42, l'hôtel particulier du duc de Morny a gardé sa façade du XIXe siècle et l'essentiel de son plan : escalier d'honneur, enfilade de salons, cheminées de marbre restées en place dans les chambres. La maison a été reprise comme une résidence privée plutôt que comme un hôtel, avec quarante clés seulement et une ambiance de club où l'on ne fait pas la queue au comptoir. On y entre par une porte discrète et l'on comprend en dix secondes que la discrétion est le vrai produit.
Parce que le rapport entre la taille de la maison et le niveau de prestation est presque anormal : quarante chambres et suites, mais deux restaurants, un spa complet, une piscine intérieure et un service qui suit chaque client individuellement. Parce que l'adresse regarde des arbres, chose rare dans le 8e : les chambres sur avenue ouvrent sur les marronniers du jardin, pas sur une façade en vis-à-vis. Parce que la table, enfin, est l'une des plus abouties de Paris, et qu'elle se trouve au rez-de-chaussée d'une maison où l'on dort. Cette combinaison-là ne se rencontre pas souvent.
Le carré formé par l'avenue Gabriel, l'avenue Matignon et la rue du Faubourg-Saint-Honoré est le plus protégé du 8e arrondissement. Les jardins des Champs-Élysées commencent en face, le Grand Palais et le Petit Palais sont à cinq minutes à pied, la place de la Concorde à sept, les Tuileries à dix. Les galeries d'art de l'avenue Matignon et les maisons du faubourg se visitent en sortant. Les stations Champs-Élysées-Clemenceau et Franklin D. Roosevelt encadrent l'adresse, et la ligne 1 mène directement au Louvre. On loge au centre sans loger dans le bruit.
Prix : €€€€, catégorie luxe
Ambiance : hôtel particulier du XIXe, esprit club privé, très feutré
Chambres : 40 chambres et suites réparties en onze catégories, de la chambre Prestige à la suite Grand Palais pour cinq personnes, cheminées de marbre et hauteurs sous plafond d'origine
Pour qui : couples, voyageurs qui cherchent la discrétion, amateurs de grande cuisine
Ce que nous préférons : la vue sur les marronniers des jardins des Champs-Élysées depuis les chambres côté avenue
Table : Le Gabriel, trois étoiles au guide Michelin sous la direction de Jérôme Banctel, et La Pagode de Cos pour un registre plus décontracté
Services : spa aux protocoles suisses, piscine intérieure de 16 m, hammam, salle de fitness, chambres adaptées, certification environnementale ISO 14001, animaux acceptés
À voir autour : jardins des Champs-Élysées (en face), Petit Palais (5 minutes à pied), Grand Palais (5 minutes), place de la Concorde (7 minutes), jardin des Tuileries (10 minutes)
Le découpage est inhabituel : onze catégories pour quarante clés, ce qui signifie que presque chaque chambre a sa configuration propre. La plus petite tourne autour de quarante mètres carrés, la suite Grand Palais dépasse les deux cents et accueille jusqu'à cinq personnes. Partout, on retrouve la même grammaire : cheminée de marbre, moulures et plafonds travaillés, tissus lourds, lumière naturelle abondante grâce aux fenêtres hautes. L'ensemble a été pensé comme un appartement de famille aisée plutôt que comme une chambre d'hôtel, jusqu'aux livres et aux objets posés sur les consoles. Les chambres côté cour sont les plus silencieuses.
Jérôme Banctel dirige la table gastronomique de la maison, distinguée de trois étoiles au guide Michelin. Sa cuisine emprunte à la Bretagne dont il vient et aux voyages qu'il a faits en Asie, avec une écriture reconnaissable entre toutes. La salle est petite, feutrée, et l'on y dîne sans être vu, ce qui explique une partie de sa clientèle. La Pagode de Cos joue une partition plus légère, en salle comme en terrasse, pour les déjeuners et les dîners informels. Le bar sert de salon en fin de journée.
Le spa occupe le sous-sol et s'organise autour d'une piscine intérieure de seize mètres, d'un hammam et d'un espace de fitness. Les soins s'appuient sur des protocoles cosmétiques suisses issus de la recherche sur le vieillissement. L'échelle reste celle de la maison : peu de cabines, peu de monde, des créneaux qui se réservent facilement quand on séjourne sur place. C'est le complément logique d'un hôtel qui mise tout sur le retrait.
Nous avons distingué cette maison pour sa façon de rester confidentielle en plein Triangle d'Or....
Nous recommandons cette adresse à ceux pour qui un séjour parisien commence par la table...
Ce qui nous a convaincus ici, c’est la façon dont une adresse de 1928 tient...